L’Observatoire de Paris ouvre ses portes dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 octobre 2004
Un parcours artistique de grande qualité et à forte dimension conviviale est conçu par les trois directeurs artistiques Ami Barak, Nicolas Frize et Hou Hanru. A l’échelle de la ville, un parcours nocturne est proposé, à la découverte de lieux insolites et inconnus du plus grand nombre, à la découverte de sites emblématiques transformés le temps d’une nuit….
C’est ainsi qu’Ami Barak a choisi d’installer un projet inédit de Leandro Erlich dans la cour nord de l’Observatoire de Paris, 61 avenue de l’Observatoire. Ce projet met à l’honneur l’architecture en jouant sur les codes des façades françaises classiques et en les détournant.
La démarche de ce jeune artiste argentin, déjà très remarqué sur la scène internationale, est exemplaire de la création artistique dans l’espace public : penser des formes et des histoires qui s’inscrivent de façon renouvelée dans le paysage urbain, jouer avec les attentes du passant pour l’étonner, le dérouter au sens premier et lui donner à voir sa ville d’une façon différente. Le projet :
Le bâtiment horizontal de Leandro Erlich proposé par Ami Barak, coordinateur artistique de la Nuit Blanche
Note d’intention de l’artiste :
La nuit nous rapproche de l’inconscient puisque, pour la plupart des gens, c’est le moment des rêves et des cauchemars. La vie nocturne est un moment de détente pour la raison et un champ idéal pour la fantaisie. Pour la Nuit Blanche il est proposé la création d’un bâtiment horizontal. Cette installation vient matérialiser une situation onirique dans l’espace public, au coeur d’une expérience collective vécue par les spectateurs de la Nuit Blanche.
Pendant la nuit, ils pourront grimper sur la façade du bâtiment sans effort, ignorant les lois de la gravitation. La façade du bâtiment français de deux étages est imprimée à échelle réelle sur un podium placé sur le sol (8m x 12m). Une surface réfléchissante à 45 degrés reflète le bâtiment produisant l’impression qu’il est en position verticale. Le public est invité à marcher sur l’oeuvre.
Cette oeuvre ludique et contemplative se situe à la croisée de l’installation et d’une proposition artistique dans l’espace public.
Leandro Erlich
Leandro Erlich est né en 1973 à Buenos Aires (Argentine). Il vit et travaille à Paris.
Erlich développe son travail artistique sous forme d’installations. Elles nous confrontent à des situations familières qui se révèlent a posteriori étranges. L’artiste trompe notre perception du réel en suggérant l’existence d’espaces vraisemblables mais inaccessibles pour le spectateur : un couloir vu à travers un judas (Neighbours , 2001) ou la pluie qui tombe derrière une vitre (Rain , 1999-2000). Il crée ainsi une sorte d’espace à double fond dans le lieu d’exposition.
En 1995, il obtient le prestigieux Prix Braque grâce à sa pièce L’Ascenseur. Il s’agit de la reproduction d’une cabine d’ascenseur inversée, c’est à dire que l’intérieur est à l’extérieur et l’inverse : sur le mur, les boutons et la décoration caractéristique des ascenseurs ordinaires, et à l’intérieur de la cabine, par un ingénieux jeu de miroirs, le câblage reproduit à l’infini. Son intérêt pour les jeux de miroirs recouvre souvent une dimension spectaculaire.
Dans les travaux de Erlich, il existe une tension entre réalité et représentation, notamment déployée en trompe l’oeil. L’oeuvre de l’artiste montre les mécanismes à travers lesquels le monde est transformé en spectacle.
Son travail d’installation a été présenté lors de la Biennale organisée par le Whitney Museum en 2000.

