L’Académie des sciences compte ainsi 246 membres et les onze nouveaux élus seront reçus sous la coupole de l’Institut de France, quai Conti à Paris, le 16 juin 2009, où ils présenteront leurs travaux en séance solennelle.
Physicien de premier plan
Le parcours de Christian Bordé a, d’abord, été celui d’un expérimentateur spécialiste de physique des lasers. Il s’est poursuivi en spectroscopie moléculaire pour évoluer vers des contributions théoriques concernant l’interférométrie atomique et la métrologie fondamentale. Sa recherche a commencé, en 1965, par l’élaboration des premiers lasers à gaz carbonique de puissance qui ont ouvert le champ de la photochimie par dissociation infrarouge de molécules et, finalement, permis l’invention de la spectroscopie de saturation.
Cette méthode a été longuement appliquées à la recherche d’effets nouveaux dans le comportement de molécules simples (premières mises en évidence des interactions hyperfines et de brisures de symétrie en vibration-rotation). Christian Bordé s’est également attaché à étudier le rôle des symétries fondamentales, à mettre au point la spectroscopie de ultra-haute résolution dans le visible et à réaliser des étalons optiques de fréquence.
Sa contribution la plus spectaculaire est la première démonstration quantitative de la conservation de l’impulsion entre un système atomique et la lumière laser. Parmi les retombées de ses études de l’interaction matière-rayonnement figure la conception d’un interféromètre atomique fondé sur l’effet de recul et destiné à sonder les propriétés de l’espace-temps. Cet instrument a permis de réaliser des horloges optiques et de mesurer les masses atomiques ainsi que la constante de structure fine de la mécanique quantique.
L’expérience autorise aussi la mesure précise des champs d’inertie. Cet interféromètre à onde de matière est un système quantique macroscopique, sensible aux phénomènes de perte de cohérence (décohérence) et aussi aux… ondes de gravitation, ce qui jette un pont concret entre physique quantique et relativité générale !
Sur le terrain des ondes de matière
Au cours des dernières années, l’apport de Christian Bordé a consisté à concevoir et modéliser des expériences de physique fondamentale destinées à se dérouler sur terre et dans l’espace : horloges interférométriques à atomes ou à molécules, gyromètres et accéléromètres à atomes froids. D’autre part, le physicien approfondit la théorie du calcul des déphasages relativistes pour les particules et de l’amplification des ondes atomiques (laser à atomes).
Aujourd’hui, il développe une nouvelle optique atomique fondée sur un traitement quantique du temps propre dans un espace généralisé à cinq dimensions. Il a servi la communauté par des responsabilités de conseiller d’organismes d’état dans les domaines de la métrologie, la recherche liée à la défense et la physique fondamentale dans l’espace. Toujours passionné par les liens entre métrologie et physique avancée, il inscrit sa démarche dans ce dialogue. Ses fonctions l’ont amené à une réflexion de fond sur le système d’unités de base. Il a ainsi défini un cadre pour réformer ce système afin de lui redonner une cohérence en le rattachant aux constantes fondamentales de la physique. Sa méthode de détermination de la constante de Boltzmann par spectroscopie a été mise en œuvre avec succès au laboratoire de physique des lasers de Villetaneuse (université Paris-Nord).
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