
- La comète Hartley 2 vue le 25 octobre 2010 à 17 millions de kilomètres, par le télescope Herschel.
- (ESA/Herschel/PACS/HssO)
Le retour de la comète Hartley 2 cette année est exceptionnel. L’astre est passé au plus près du Soleil le 28 octobre 2010, après s’être aventuré à 18 millions de kilomètres (0,12 unités astronomiques, UA) de la Terre le 20 octobre. Depuis sa découverte en 1986, jamais il ne s’était autant approché de notre planète et il s’en faudra de beaucoup pour qu’il revienne aussi près au cours du siècle à venir. En conséquence, le 20 octobre, la comète Hartley 2 est passée à seulement 16,4 millions de kilomètres du télescope spatial Herschel : des mesures très sensibles, complémentaires des observations de la sonde EPOXI et des grands instruments astronomiques, ont été acquises. Les premières observations de la comète Hartley 2 avec Herschel montrent déjà les possibilités uniques de cet observatoire de l’Univers froid : les images à haute sensibilité obtenues dans l’infrarouge lointain contraignent la taille des grosses particules de poussière ; les analyses du rayonnement révèlent la distribution des molécules d’eau éjectées par le noyau quand les glaces se réchauffent à proximité du Soleil. Une production d’environ 230 kilogrammes par seconde de vapeur d’eau a été enregistrée. Le degré d’excitation de la molécule l’eau est contraint par des observations de transitions à des niveaux de rotation élevés en utilisant les trois instruments de Herschel : HIFI (Heterodyne Instrument for the Far Infrared), SPIRE (Spectral and Photometric Imaging Receiver) et PACS (Photodetector Array Camera and Spectrometer). On obtient des informations cruciales sur la cinématique du dégazage de la comète. PACS a fourni des images d’émissions d’eau et de poussière au moment du survol par la sonde EPOXI.
« Les observations de la chevelure de poussières avec PACS et SPIRE permettent de contraindre les propriétés des grosses particules de poussières et de mesurer leur taux de production », indique Dominique Bockelée-Morvan, membre de l’équipe et chercheuse au Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique LESIA (Observatoire de Paris, CNRS, Université Pierre et Marie Curie, Université Paris Diderot, France). « Les observations faites avec SPIRE représentent la première imagerie d’une comète à ces longueurs d’onde » poursuit Bruce Swinyard, membre de l’équipe et chercheur de l’University College de Londres, UK. « Cette approche de la comète Hartley 2 permet l’observation de raies spectrales de faible intensité, jamais encore observées dans des comètes à courte période, ainsi que l’imagerie à haute résolution spatiale de l’émission de l’eau dans la chevelure » complète Dariusz Lis, membre de l’équipe, du California Institute of Technology, États-Unis. « Nous attendions avec impatience l’arrivée de ces données scientifiques passionnantes » conclut Miriam Rengel, du Max Planck-Institut für Sonnensystemforschung, Allemagne, membre de l’équipe ainsi que de l’équipe de calibration de HIFI.
En raison du mouvement rapide de la comète Hartley 2, des contraintes apportées par le chauffage direct des traqueurs d’étoiles par le Soleil, et de la nécessité de programmer pendant le même jour des observations avec de multiples instruments, la mise en place de ces observations par l’équipe de planification de la mission Herschel a été très délicate. Mais tous ces efforts sont désormais récompensés par les fantastiques observations apportées par Herschel en soutien au survol de la comète par la sonde EPOXI.
Ces observations font partie du programme clé de temps garanti sur Herschel « l’eau et la chimie associée dans le Système solaire », qui rassemble une équipe internationale menée par Paul Hartogh du Max-Planck-Institut für Sonnensystemforschung, Allemagne.
Collaboration
Instituts partenaires impliqués dans ces travaux :
Max-Planck-Institut für Sonnensystemforschung, Katlenburg-Lindau, Germany
California Institute of Technology, Pasadena, USA
Astronomy Department, University of Michigan, USA
Instituut voor Sterrenkunde, Katholieke Universiteit Leuven, Belgium
Institut d’Astrophysique et de Géophysique, Université de Liège, Belgique
Space Science and Technology Department, Rutherford Appleton Laboratory, UK
Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique LESIA, Observatoire de Paris, France
Herschel Science Centre, European Space Astronomy Centre, Madrid, Spain
Space Research Centre, Polish Academy of Sciences, Warsaw, Poland
Rosetta Science Operations Centre, European Space Astronomy Centre, Madrid, Spain
Max-Planck-Institut für extraterrestrische Physik, Garching, Germany
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Contacts chercheurs
Jacques Crovisier
Astronome adjoint
LESIA
+33 (0) 1 45 07 75 99
Dominique Bockelée-Morvan
Directrice de recherche CNRS
LESIA
+33 (0) 1 45 07 76 05
Nicolas Biver
Chargé de recherche CNRS
LESIA
+33 (0) 1 45 07 78 09
Contact presse
Alexia Sagot
Chargée de communication
+33 (0) 1 40 51 23 97
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